Nouveaux changements confirmés pour la Volvo Ocean Race 2011-2012
Avec 62 000 visiteurs dans le village de la course et 60 000 spectateurs le long de la côte nord de la baie de Galway entre Salthill et Barna, la série des régates côtières de samedi dernier a remporté un franc succès.
Le lendemain, au cours d’une troisième ‘table ronde’ sur la série des changements concernant les prochaines éditions, la Volvo Ocean Race se tournait une nouvelle fois vers son futur et plus particulièrement vers la prochaine édition dont le coup d’envoi sera donné en 2011
La session de Galway qui fait suite aux présentations de Rio de Janeiro et de Boston a été suivie par des invités de marque tels que les marins français Franck Cammas, skipper de multicoques, les coureurs en solitaire Roland Jourdain et Jean-Luc Nélias, ainsi que Luc Gellusseau, régatier de l’America’s Cup, qui avaient fait le déplacement en Irlande.
Knut Frostad, PDG de la Volvo Ocean Race, a débuté sa présentation en expliquant pourquoi et comment la course doit s’approprier les changements nécessaires afin d’accroître son succès dans le futur.
“Comme pour tout projet de course à la voile, plus tôt nous commençons à nous préparer, plus nous augmentons nos chances de réussite,” dit-il. “Notre objectif principal est d’élever le nombre de bateaux participants à la prochaine édition. Nous savons qu’une flotte plus importante est nécessaire pour que la course atteigne son potentiel maximum.”
D’après Knut Frostad, trois points d’action ont été déterminés pour attirer plus d’équipes à l’avenir. Le premier élément est le programme de maintien et de réduction des budgets, le second est d’augmenter la valeur des équipes, des sponsors et des ports engagés dans la course et le troisième est de faire en sorte que la course continue d’intéresser les meilleurs marins du monde.
“Un des éléments notables pour tenter d’aligner plus de bateaux sur la ligne de départ d’Alicante en 2011 est la réduction des budgets et l’augmentation de la valeur des équipes. A court terme, alors que cette édition est en cours et que tout est encore frais dans les esprits, nous travaillons sur la partie de réduction des coûts de l’équation. Pour y parvenir, les changements déjà annoncés incluent la réduction en nombre des équipages, passant de 11 à 10 équipiers et presque 40% de réduction des voiles de course” a souligné Frostad.
Aujourd’hui, Frostad et son équipe, qui inclut notamment des experts techniques de classe et de renommée mondiale comme Ken McAlpine et Bill Edgerton, ont détaillé les nouveaux changements.
Certains d’entre eux portent sur la composition des équipages dès la prochaine édition. Dans l’intention d’encourager les participations féminines, les nouvelles règles permettront aux équipages ‘féminins’ d’être composés de 12 marins, y compris l’équipier multimédia, et dont deux d’entre eux pourront être des hommes.
En termes de jauge de la classe des Volvo Open 70, le poids maximum de la quille et des appendices sera de 7,400 kilogrammes. Il y aura aussi un poids minimum requis pour le voile de quille qui sera bientôt défini. Le voile de quille devra être solide et le profilage ne sera pas permis.
Le bateau devra peser entre 14,000 kilogrammes et 14,500 kilogrammes, comparé à une marge de 13,860 et 14,000 lors de cette édition en cours.
La combinaison de ces deux ajustements repose sur une tentative de faire en sorte que la flotte entière, qui sera composée d’anciens et de nouveaux Volvo Open 70, reste homogène ainsi que de limiter les frais de recherche investis dans la construction du bulbe et de son poids. Jusqu'à présent, les équipes disposant de moins de temps et de capacité financière compromettaient la stabilité de leur bateau et leur compétitivité.
Les étais creux ne seront pas autorisés, les voiles d’avant seront installées soit sur enrouleurs soit sur mousquetons. Le matossage, les déplacements de voiles et tout autre endroit de rangement à l’intérieur du bateau seront limités au centre de la coque.
Côté énergie, la totalité du poids des batteries de chaque bateau sera réduit de 100 kg. Cette réduction permettra aux architectes et aux équipes de remettre ces mêmes 100 kg dans la structure première et secondaire de la coque sans pour autant augmenter le poids du bateau. Actuellement, seuls quelques Volvo Open 70 disposent de panneaux solaires mais les nouvelles règles feront que tous devront avoir une source d’énergie renouvelable à bord, capable de générer 80 watts d’électricité.
D’autres détails ont concernés les tests autour de deux bateaux. Les organisateurs cherchent à faire en sorte que les équipes ne doivent pas avoir à construire deux bateaux pour être compétitifs lors des prochaines éditions. Avec ceci en tête, les tests comparatifs avec deux bateaux seront permis après que le bateau de ‘course’ ait été mis à l’eau ou après une date encore à définir et qui pourrait être jusqu'à ce que la course commence. Plus d’information à ce sujet suivront prochainement.
La prochaine session de ‘table ronde’ aura lieu le 22 Juin à Stockholm.
Deux skippers Français s’expriment sur la Volvo Ocean Race pendant leur visite à Galway
Alors qu’il reste à peine 1 mois de course sur cette épreuve qui en compte 9, quelques Français sont venus à Galway prendre un air de Volvo Ocean Race et prendre également connaissance des modifications que le patron de la course, Knut Frostad, ancien coureur lui-même, souhaite faire pour rendre cette épreuve plus attractive aux sponsors potentiels. Et notamment aux sponsors français.
Sur les pontons de Galway, il y a quelques jours:
ROLAND JOURDAIN
Quels ont été vos sensations à la barre de Puma ?
« Cela faisait au moins 6 ans que je n’avais pas eu une barre à roue entre les mains en course. Donc, sur Puma, j’avais beaucoup de pression après que Ken Read m’ait passé la barre au moment du départ (de la régate Pro-AM). C’est super. D’abord parce que les Volvo Open 70 sont en fait très proches de nos 60 pieds en réaction, en intensité. Donc je ne suis pas complètement perdu. Mais c’est vrai que lorsqu’on arrive dans des équipages tellement professionnels, en tant que barreur, je n’avais rien à faire. On sent qu’on est dans un orchestre qui travaille vraiment bien. Un des plus grands plaisirs de naviguer sur ce type de bateau c’est de réussir à mettre un équipage en osmose. Techniquement, sportivement, tout ce qui se passe ici est très intéressant. J’ai redécouvert des gens que j’avais connus sur d’autres courses, comme la Whitbread, ou sur multicoques.
Seriez-vous intéressé de participer à la prochaine Volvo ?
« …(petite hésitation)… Cela m’intéresse dans le sens où c’est une bonne chose de changer de temps en temps. Cela fait maintenant relativement longtemps que je navigue en solitaire autour du monde. J’ai commencé les tours du monde en équipage avec la Whitbread. Cela m’intéresse de me poser la question de savoir si je suis capable de relever un challenge comme celui-là. De retravailler avec beaucoup de monde… En fait, dans cette réflexion, il y a plus de choses du côté positif que du côté négatif.
Et des équipes françaises dans la prochaine Volvo en général ?
« … (re-hésitation)… Pourquoi pas. Enfin je l’espère. C’est une chose qu’on a réussi à faire dans l’IMOCA. La course en solitaire était devenue très française et nous avons réussi à attirer d’autres nationalités comme Golding, Mc Arthur, Caffari,… Des Espagnols également. Cela serait bien que l’inverse se passe également, c'est-à-dire que des Français reviennent vers l’équipage. J’espère que les Français vont pouvoir monter un, ou deux, ou trois beaux équipages pour la prochaine fois. Pour moi, je pense qu’il ne faut pas que les routes continuent à être parallèles. Il faut se remixer. La Voile c’est cela. C’est se confronter, rencontrer des gens et des cultures différentes. Je pense qu’on peut ne pas être trop mauvais dans la Volvo (rires) … mais il faut rester modeste…..
FRANCK CAMMAS
Quelles sont vos impressions ?
« C’est vrai que j’ai découvert des bateaux sur lesquels je n’ai pas l’habitude de naviguer, puisque je suis principalement sur multicoques. Ici se sont des monocoques qui ressemblent beaucoup aux 60 Pieds IMOCA. Ces VO 70 sont ce qui se fait de mieux en monocoque. On retrouve parfois des sensations que l’on peut avoir en multi. Je n’ai pas eu encore assez de temps ici pour le voir, mais je crois que ces bateaux donnent d’énormes sensations dans la brise. Quand le bateau commence à planer, je pense que cela doit être vraiment sympa. Je l’imagine très bien dans les longues étapes du Sud, dans de la mer, là où les monocoques sont beaucoup plus agréables que les multicoques. C’est sûrement une belle aventure de faire cela avec ces bateaux-là. C’est aussi très intéressant, car la jauge permet de faire pas mal de recherche et d’études dans tous les domaines, que ce soit l’aéro, les appendices, la carène etc… On peut le constater sur les bateaux de la flotte. Ils sont tous très différents les uns des autres. Il n’y a pas encore une voie qui soit précise et décidée par tous les designers. Cela veut dire que c’est une classe encore en devenir, qui se développe. Et c’est très sympa pour les nouveaux arrivants…. »
C’est une course qui vous intéresse dans le futur ?
« Moi, je m’intéresse à toutes les courses au large ou aux courses côtières. La Volvo Ocean Race est une course qui est entrain de se développer. Je crois qu’il y a eu quelques années difficiles, mais c’est reparti avec de nouvelles idées assez ambitieuses pour réduire les budgets. Ou tout du moins les bloquer à l’état actuel. Il y a beaucoup de nouveaux prétendants qui viennent d’horizons différents qui peuvent venir. Cela intéresse d’autant plus des skippers comme moi, qui aimons nous frotter aux meilleurs du monde. Il y a déjà un beau plateau sur cette édition, et on parle pour la prochaine de la venue d’autres skippers très très talentueux. C’est un excellent défi pour les nouveaux arrivants….»
A part la prestation de Sébastien Josse la dernière fois, en 2005-2006, la course n’a pas attiré beaucoup de Français. Pensez-vous que cela peut changer pour les raisons que vous venez d’exposer ?
« J’espère que cela peut changer ! En France, on est très obnubilé par la course en solitaire. Mais il n’y a pas que cela. Loin de là. Il y a surtout autre chose dans le monde et cela serait sympa que la France amène aussi un équipage dans ce milieu international. Ils sont capables de la faire car il y a beaucoup de talents en France parmi les designers et les équipiers. On n’a peut-être pas encore la bonne culture, mais nous avons notre propre culture qui peut très bien avoir des points très positifs. Moi qui aime beaucoup la régate, la course au large et la course en équipage, la Volvo est une course idéale. C’est un super défi, sans doute encore plus si on revient avec une équipe française qui peut battre les anglo-saxons … (rires)… Je ne suis pas le seul en France à être intéressé. On peut peut-être même se regrouper pour monter quelque chose. Mais espérons qu’il y ait une équipe française.
NOTER : départ de la prochaine étape Galway – Göteborg/Maastrad, samedi 6 juin.
Volvo Ocena Race 2008-2009 - Classement général Provisoire après 13 manches (sur 17)
1- Ericsson 4 – 94 points
2- Telefonica Blue – 81 points
3- Puma – 80 points
4- Ericsson 3 – 62,5 points
5- Green Dragon – 53 points
6- Telefonica Black –39 points
7- Delta Lloyd – 31 points
8- Team Russia –10,5 points
Photo: Rick Tomlinson / Volvo Ocean Race
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