Derniers jours d'une équipe à terre.
Plus que jamais à 10 jours du départ du Vendée Globe, le skipper solitaire est avant tout une équipe. Autour de Vincent Riou, ils sont cinq, tous techniciens hors pair à travailler tout au long de l’année : Pierre Louis Pillot, chef de projet, Eric Carret, boat captain, Laurent Oudin spécialiste de l’électronique embarqué, Jacques Fort en charge de l’hydraulique et Antoine Le Bras, expert composite. Ils sont les hommes de confiance de Vincent depuis plusieurs années. Tous ont travaillé de longue date pour que PRB soit à 100% de son potentiel le 9 novembre 2008. A l’approche du grand rendez-vous, la pression monte aussi tout doucement pour eux. « Ce Vendée Globe, c’est le projet du bateau, de Vincent et de PRB » résume Pierre-Louis Pillot comme pour rappeler l’importance de l’enjeu. Tout le monde dans l’équipe a imaginé tant de fois ce départ. Un départ décidemment pas comme les autres pour celui qui part comme pour ceux qui restent à terre. On revient avec Vincent et Pierre-Louis sur l’organisation des dernières journées à terre et sur l’état d’esprit de l’équipe avant le coup d’envoi.
Vincent à propos de son équipe :
Comment organises-tu le travail à faire avec l’équipe ?
« Je suis là tous les jours, je suis ce qui se passe. Tous les membres de l’équipe sont autonomes. Nous avions fait une job list il y a longtemps et elle est remise à jour régulièrement. »
Quelles sont les qualités de ton équipe ?
« Tout le monde s’investit beaucoup dans le projet. Chacun est bon dans son domaine et tous ont bien intégré les contraintes liées au travail d’équipe. Tous les boulots sont aussi importants les uns que les autres. Quand tu augmentes la taille des équipes, tu es obligé de mettre quelqu’un qui orchestre. C’est le rôle de Pierre Louis. Mais ce qui compte surtout, c’est la qualité du travail de chacun. A l’approche du départ, tout le monde doit faire attention, garder les yeux ouverts. On n’est pas loin de la vérité en ce qui concerne PRB mais il s’agit de faire toujours le mieux possible. Plus on va approcher de l’échéance, moins on touchera à des choses importantes. On n’a plus le droit à la prise de risques. »
Quel sera le dernier mot que tu échangeras avec eux lorsqu’ils quitteront PRB à quelques minutes du départ du Vendée Globe ?
« Je leur dirais tout simplement merci. Un grand merci pour tout ce qu’ils ont fait ! »
Interview de Pierre-Louis Pillot, chef de projet de PRB :
Comment organisez-vous le travail dans l’équipe ?
« Nous avions fait un point complet avant de venir avec Vincent et toute l’équipe. L’idée était de définir une job list sur le mode « Qui fait quoi » et aussi de définir un ordre de priorité. Ensuite, chacun est autonome dans son secteur. Depuis qu’on est aux Sables, on avance. On sollicite Vincent ponctuellement pour être sûr que les tâches effectuées sont au final, bien en phase avec ce qu’il souhaitait. Cela permet aussi à Vincent de voir l’avancée de nos travaux sans avoir besoin de multiplier les briefings. Je pense qu’environ 90% des tâches de la job list sont réalisées. »
Est-ce que l’approche du départ génère du stress chez toi et les membres de l’équipe technique ?
« Jusque là, nous avions pas mal de choses à faire donc nous étions tous très occupés. Tu n’as pas vraiment le temps de penser au compte à rebours. D’un point de vue purement technique, les choses sont plutôt bien avancées pour nous. Donc nous n’avons aucun stress par rapport à la préparation du bateau. On a toutes les pièces qu’on voulait, tout sera prêt et fini comme on le souhaite. Par contre, j’ai un stress un peu plus personnel. C’est mon premier départ de Vendée Globe. C’est sûr, ça me fait quand même quelque chose sans être non plus démesuré. C’est un stress lié à la compétition même si ce n’est pas nous qui allons sur le terrain de jeu.
L’équipe, on se connaît bien. Cela fait un moment qu’on travaille ensemble. Nous avons vécu pas mal de départs de course et aussi pas mal de problèmes donc on sent les états des uns et des autres. Chacun à sa façon fait ressentir qu’il est impliqué dans le départ. Ce qui est différent par rapport aux autres courses, c’est qu’on ressent un stress alors qu’on est encore à 10 jours du départ. Habituellement, à 10 jours du départ, on est encore chez nous ! Ce Vendée Globe, c’est le projet du bateau, de Vincent et de PRB. C’est pour ce rendez-vous du 9 novembre qu’on a fait tout cela. Mais entre nous, on ne parle pas du stress que l’on peut ressentir. On essaie plutôt d’évacuer en s’accordant des moments de rigolade. Mais quand même, on sent que c’est un cran au dessus ce Vendée Globe. Sur le papier, dix jours, c’est encore loin… Alors je me demande comment on sera vendredi prochain… »
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