Funchal sous haute tension !
Si les arrivées se comptaient sur les doigts d’une main hier, ce dimanche voit les arrivées en rafale de nombreux ministes… Fait marquant de ce jour, le podium au classement est d’ores et déjà connu et ce sont Charlie Dalin (Cherche sponsor-charliedalin.com) et Xavier Macaire (Masoco Bay) qui viennent rejoindre Francisco Lobato (ROFF TMN) sur le podium. Un podium gagné à l’arrache quant on sait que Ricardo Appoloni (Ma Vie pour Mapei) est arrivé moins d’une minute dans le sillage de Xavier. Et si cinq marins en série sont en fin d’après-midi dans le port de Funchal avec l’autre italien Giancarlo Pedote (Prysmian), ce sont surtout les écarts au premier qui sont intéressants à relever. En effet, l’étonnant Francisco Lobato peut s’enorgueillir de placer plus de 22 heures d’avance sur le deuxième, une performance remarquable !
Côté prototypes, ils arrivent les uns derrière les autres et la nuit s’annonce longue dans le port de Funchal. Du côté des arrivants depuis notre trio vainqueur, Stéphane Le Diraison (Cultisol-Marins sans frontières) arrache une belle 4e place suivi de Fabien Després (Soitec), puis du Sud-africain Matt Trautman (), Nicolas Boidevezi (Groupe GDE) qui avait bien animé le début de course, la surprenante espagnole Anna Corbella (Gaes), Rémi Aubrun (AT project’s children), Laurent Bourgués (prim SOINS) et enfin François Cuinet (Plan Jardin)… Des arrivées en rafale certes mais avec des écarts qui ont fait le grand écart avec cette maudite pétole qui a piégé de nombreux marins en approche du caillou Atlantique. Mais tous sont unanimes : les dégâts ont été limités et il reste 3 100 milles à parcourir où tout reste encore possible. Tout reste possible d’autant que cette étape était piégeuse et cassante… Il était possible de perdre plus… beaucoup plus…
Ils ont dit :
Charlie Dalin, 2e Série : « Francisco a attaqué comme un fou. C’est passé. Ca ne passera peut-être pas entre Madère et Bahia. Voilà deux ans il avait connu pas mal de malheurs sur cette transat. Je suis déçu parce que j’avais battu Francisco lors de la Transgascogne et je pensais vraiment terminer plus près de lui. Mais satisfait dans l’ensemble car mon objectif était d’arriver à Madère sans trop de problèmes. Chose faîte si ce n’est mon pilote qui a rendu l’âme à une encablure de l’arrivée. Francisco a plus d’expérience que moi. Il a déjà une transat et deux Les Sables les Açores à son actif. Moi, je dispute ma première transat, nous ne l’abordons pas de la même manière. J’ai assuré sur cette étape, d’autant que j’ai mis trois jours avant de me mettre vraiment dans le coup. Je ne sais pas pourquoi mais je n’arrivais pas me libérer. Une chose est sûre, je vais appréhender différemment la seconde étape. Je vais davantage attaquer, c’est certain. »
Xavier Macaire, 3e Série : « Je ne sais pas ce que j’ai heurté. Mais ça a fait un drôle de boucan. Je suis allé voir. Rien n’avait bougé. Et lors de la troisième nuit, le safran a pété. Je me suis demandé si je n’allais pas abandonner. Si je n’allais pas me dérouter sur Lisbonne, mais le temps de rapatrier un safran, les 3 jours de délais auraient été dépassés. Quatre jours avec un seul safran, je suis souvent parti au lof et à l’abattée. Je me suis fait quelques frayeurs. J’ai pensé advienne que pourra. Mais j’ai vraiment navigué en adaptant mes gestes à cette nouvelle conjoncture. J’ai passé Ricardo tout près de la ligne. J’empanne et je passe tribord sous spi. Il était fou Ricardo. Il m’a lancé « tu me dois une bière. Au départ je disais, Francisco : c’est l’homme à battre. Désormais je dis, il est imbattable. »
Stéphane Le Diraison, 4e proto : « Je suis content d’avoir sauvé les meubles. Mais j’ai très vite explosé ma voile de brise puis mon solent. J’ai eu des problèmes avec ma grand voile. Sinon, le bateau a été parfait. J’ai confiance en lui. Je suis un peu plus loin que je ne le souhaitais, car sur cette étape je ne visais pas la victoire, seulement assurer et ne pas perdre trop de temps. J’ai une grosse envie d’attaquer la suite. Rien n’est fait... »
Fabien Després, 5e proto : « Problèmes d’électricité, de rail arraché et plein d’autres pas graves et réparables mais qui contrarient. J’ai tenté une option à l’est… Il fallait bien
tenter quelque chose pour essayer de revenir devant. La fin de course a été épuisante. Ces dernières 48 heures m’ont vraiment fatigué. »
Nicolas Boidevezi, 7e proto : « Je n’avais jamais connu pareilles conditions, sur un tel bateau et à cette vitesse, au large de Portugal avec du vent qui soufflait à 40 noeuds.
Oui, là je me suis fait des frayeurs. Me voilà à bon port avec le bateau et le bonhomme en pleine forme. Prêt à retourner pour la seconde étape. Ce fut une belle course. Variée et difficile. »
Rémi Aubrun, 9e proto : « La dérive bâbord est brutalement descendue et la pression de la vague en a fait un levier qui a arraché le puits de dérive. L'eau s'est immédiatement engouffrée en bouillonnant. C'était dans la nuit de mercredi à jeudi dernier. J'ai replacé le puits comme j'ai pu en le bloquant avec un pare battage. J'ai longuement réfléchi à ce que je devais faire. Je me suis mis à la cape, le bateau s'est couché sur la tranche, et je suis allé dormir une heure. J'ai à mon réveil dû écoper comme un malade, et j'ai relancé ma machine, en écopant 10 minutes tous les jours... Il n'était alors plus question pour moi de vitesse mais de limiter les dégâts... »
Classements et écarts des 5 premiers aux classements série et prototypes avant jury :
Série :
1. Francisco Lobato (ROFF TMN) : 6 j 02:31:03
2. Charlie Dalin (Cherche sponsor-charliedalin.com) : 7 j 00:52:10, écart au 1er de 0
j 22:21:07
3. Xavier Macaire (Masoco Bay) : 7 j 01:04:58, écart au 1er de 0 j 22:33:55
4. Ricardo Appoloni (Ma Vie Pour Mapei) : 7 j 01:05:55, écart au 1er de 0 j 22:34:52
5. Giancarlo Pedote (Prysmian) : 7 j 03:18:28, écart au 1er de 1 j 00:47:25
Prototypes :
1. Bertrand Delesne (Entreprendre durablement) : 6 j 00:21:21
2. Henry-Paul Schipman (Maisons de l’avenir-Urbatys) : 6 j 02:40:13, écart au 1er de
0 j 02:18:52
3. Thomas Ruyant (Faber France) : 6 j 03:21:56, écart au 1er de 0 j 03:00:35
4. Stéphane Le Diraison (Cultisol-Marins sans frontière) :6 j 08:47:25, écart au 1er
de 0 j 08:26:04
5. Fabien Desprès (Soitec) : 6 j 10:49:33, écart au 1er de 0 j 10:28:12
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