Une heure de sommeil en 48 heures…
Elle est coriace la Méditerranée pour les concurrents de la Cap Istanbul. Si le trio derrière Eric Drouglazet a pu globalement tirer son épingle du jeu sur cette première étape entre Nice et la Sardaigne, pour le reste de la flotte, le retard est déjà substantiel. Thomas Rouxel sur Défi Mousquetaires est arrivé 14e, 4 heures 37 minutes et 18 secondes derrière Eric Drouglazet "… parce qu’en Med’ ‘ça se joue à pas grand chose…".
Un départ tactique
A peine la course lancée de Nice dimanche 14 à midi, la flotte des 29 concurrents de la Cap Istanbul s’est dispersée sur le plan d’eau. La baie des Anges, pourtant baignée de soleil, n’avait alors rien d’un paradis. Thomas Rouxel : "… Ce fut immédiatement très tactique, il a fallu choisir son camp, à l’ouest ou à l’est et les écarts entre les deux options ont été rapidement importants. C’est là que Droug’ a fait la différence ; j'étais avec lui à l'ouest et il a démarré alors que je n'avais pas encore de vent; ça s’est joué à vraiment pas grand-chose, comme souvent en Méditerranée…". En à peine 48 heures de course, les Figaristes ont rencontré tout le panel des conditions difficiles, allant de la pétole molle à la 'baston'. Dur pour les nerfs du skipper et pour le matériel. Thomas : "… Au début, c’est sympa de surfer à 18 ou 19 nœuds ; mais dans une mer formée et mal rangée, ça devient vite stressant. On a peur d’abîmer le bateau et on ne lâche jamais la barre ; il s’agit surtout de ne pas se mettre sur le toit. Dans ces conditions musclées, Droug a vraiment assuré. Quant à la pétole ou petit temps, on n’a pas ces inquiétudes mais les nerfs sont malgré tout mis à l’épreuve. Il faut également être dessus tout le temps. Avec le retard que j’avais pris dans les premières heures de course, j’ai dû cravacher. Ça n’a pas suffi pour revenir au contact de la tête de flotte, mais j’ai réussi à recoller le paquet suivant…".
Récupérer pour le deuxième round
Son retour dans le bon paquet, Thomas Rouxel l’a payé cash, ne s’accordant qu’une heure de sommeil en 48 heures. Thomas Rouxel : "… Depuis notre arrivée à Cagliari, je fais des petites siestes. Je me dis que je vais dormir une heure et en fait, je plonge pendant au moins quatre heures. Comme j’ai eu quelques petits soucis techniques sur Défi Mousquetaires, il y a un peu de boulot. Pierrick, mon préparateur, est enfin arrivé et nous allons pouvoir avancer. Le spi que j’ai déchiré sur la fin de parcours est en réparation depuis hier chez le voilier. Sinon, il y a un peu de bricolage à faire et pas mal de rangement à bord. Nous serons prêts pour repartir vendredi…".
Il reste quatre étapes, 1300 miles de course : autant dire que la messe est loin d’être dite, même si Eric Drouglazet en a sérieusement troublé les matines. Le départ est prévu vendredi 19 à 16 heures, direction le sud-est de la Sicile à Marzamemi. Thomas : "… Tout est faisable, la route est encore longue et la prochaine étape promet d’être compliquée : il y aura donc des coups à jouer. Comme la première étape a été plus rapide que prévue, nous avons une nuit supplémentaire à terre et ça, c’est très bénéfique…".
Repères
19 septembre
Départ 2e étape Cagliari / Marzamemi (340 milles)
25 septembre 2008
Départ 3e étape Marzamemi / Aghios Nikolaos (540 milles)
2 octobre 2008
Départ 4e étape Aghios Nikolaos / Bozcaada (300 milles)
6 octobre 2008
Départ 5e étape Gallipoli / Istanbul (110 milles)
7 octobre 2008
Arrivée à Istanbul
11 octobre 2008
Postlogue sur le Bosphore
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