Défi Mousquetaires. Bilan d'une transat animée.
Tout juste rentré de Saint-Barthélémy, Thomas Rouxel revient sur sa traversée, ses options et sa navigation . Avec recul et après avoir longuement échangé avec ses concurrents, le jeune skipper confie son sentiment sur la saison à venir.
1/ Quel bilan général tirez-vous de ce début de saison ?
Thomas Rouxel : « Pour le moment, c'est plutôt positif. Le bateau va bien. On a eu une bonne vitesse et on a été dans le match, même si le résultat final de la Transat Ag2r est décevant. Si l'on se réfère aux manches d'entraînement à Port-la-Forêt et au début de la transat, on a quasiment toujours été au contact de Financo et de Cercle Vert, deux références. Je suis donc assez confiant ».
2/ La Transat Ag2r a été assez difficile. Qu'est-ce qui a été le plus dur, et à l’inverse, le plus agréable ?
TR: " Le plus difficile moralement, c'est de savoir, à 10 jours de l'arrivée, que l'option prise à Madère ne va finalement pas payer et qu’on ne coure plus pour la gagne. Côté physique, rien de particulier, si ce n'est que ça n'est évidemment pas très agréable de naviguer contre du vent fort. Ça mouille de partout, il faut enfiler des vêtements trempés en permanence. Et dire qu'on aurait normalement dû naviguer au portant sous le soleil ! On aura eu le droit à ces artifices que deux jours avant l'arrivée. On en a profité, surtout la nuit, à la fraîche, lors des quarts à la barre. Le bateau allait vite sous spi, il faisait bon. Côté satisfactions, il y a aussi le passage de Madère dans le groupe de tête, avec justement toutes les opportunités de choix de route : un jeu de stratégie passionnant. Et puis aussi ma navigation avec Erwan Israel : une belle aventure humaine.
3/ Regrettez-vous votre choix d’option à Madère ?
TR. "Absolument pas. Et encore plus après nos discussions à terre avec les autres concurrents qui ont fait la même route que nous. Au moment où nous avons opté pour la route nord, elle nous paraissait évidente. Les alizés n'étaient pas établis. Nos discussions, juste avant le départ avec Jean-Yves Bernot (météorologue et routeur renommé), nous confirmaient que cela pouvait passer par le nord. Il y avait une chance sur deux. Néanmoins, après analyse, je pense que nous sommes montés beaucoup trop Nord".
4/ Avez-vous le sentiment d'avoir fait une belle course ?
TR. "Belle c'est difficile à dire, mais propre oui. La météo a été très difficile à analyser, ce fut très intéressant. Néanmoins, si je me réfère à mes autres transats et plus particulièrement à la BPE ou j'ai terminé deuxième l'an dernier, on ne peut qu'être déçu".
5/ Ce résultat a-t-il une incidence sur votre motivation pour la suite du programme ?
TR. "Pas du tout. Je reste très motivé pour la suite. Ma démarche n’a pas changé, je vais continuer à me donner à fond".
Pour garder la forme, Thomas devait se rendre aux Etats-Unis et convoyer BT, le monocoque Imoca 60 pieds de Sébastien Josse, jusqu’en France. Malheureusement, alors que ce dernier occupait la tête de la Transat anglaise, course en solitaire entre Plymouth (GB) et Boston (USA), il a été contraint à l'abandon, chariot de têtière de grand-voile arraché. Privé de cette transat en équipage, Thomas a donc du modifier son programme. En attendant le prochain grand rendez-vous de la saison Figaro, la Course des Falaises qui se déroulera à Port-Haliguen du 15 au 21 juin prochain, le jeune breton envisage d'aller faire de nouveaux tests de planches à voile, autre discipline où il excelle, aux Canaries.
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