Raid CanéO : Jour 5 - Vendredi 01 Aout 2008
Poursuivant son élan vers le sud, le Raid CanéO Nature a quitté le département du Rhône hier soir pour mieux reprendre sa course en Lozère ce matin. D’avoir franchi la ligne des oliviers, la grande épreuve sport nature progresse désormais dans des paysages grandioses et sévères tout à la fois.
Passés les aimables reliefs bourguignons, les athlètes découvrent la vieille montagne cévenole aux croupes arrondies mais aux flancs entaillés de vallées profondes, de gorges tortueuses et de gouffres sans fond. Ce matin, battant de leurs pelles multicolores les eaux noires du lac de Naussac, ils se sont lancés, à leur tour, dans la « traversée des Cévennes » rendue fameuse en son temps par l’écrivain Stevenson.
Pas d’ânesse pour compagnon, mais des VTT pour le moins aussi performants qui les menèrent au pied du Mont Lozère. Avec le mythique sommet cévenol, le Raid CanéO Nature atteignait aussi le point culminant de son long parcours. Dans la soirée, les équipes redescendaient vers Prévenchères et l’ancienne place forte de la Garde-Guérin. A l’ombre des nobles murailles, leur veillée d’armes consistait à se préparer pour les riches heures à venir, consacrées au canyoning, à la spéléologie et à la progression en via cordata.
À Naussac, terme de la troisième étape, sept équipes figuraient en catégorie « extrême » au classement général. En tête, la 29 WILSA SPORT HELLY HANSEN totalisait un temps de 64h 58m 37s. À 4h venait la 9 COLUMBIA LOZERE SPORT NATURE, elle-même suivie de la 2 WILSA WCUP CHTI RAID à 6h23, de la 5 VAUCLUSE AVENTURES ÉVASION à 7h12, de la 37 HELLY HANSEN UK à 8h53, de la 6 ABSOLUE RAID DÉCATHLON SAINT ORENS à 9h42. La 23 FOUS DE BASSIN TDR BX fermait la marche.
La catégorie « raider » comptait huit équipes menées par la 22 SPORT OUTDOOR.COM alors que six équipes en « aventure » avaient la 33 PETIT CASINO pour leader. Le reste des équipes poursuivaient la course hors classement. On note un nouvel abandon individuel dans l’équipe 30 MARINE NATIONALE LATTITUDE 55 désormais réduite à deux éléments et l’abandon de toute l’équipe 15 NAT’S COLLA DEL MATI-BOMBERS DE LLEIDA.
Zoom sur...
C’est un miracle que l’équipe 23-FOUS DE BASSIN TDR BX soit encore dans la catégorie « extrême ». Depuis, le départ de Versailles, ces quatre-là courent après le temps et enchaînent les mauvaises fortunes. Dès le premier jour, après 5 minutes de cheval, Karine Sanson se casse le petit doigt sur un poney récalcitrant. L’animal n’avance pas, mais ils refusent d’abandonner leur monture, et terminent les vingt derniers kilomètres en marchant et tirant le canasson têtu. Au même moment, leur assistance heurte un plot et casse le radiateur du véhicule, entraînant une course contre la montre pour réparer et rejoindre les points d’assistance à temps. Impossible alors de se reposer puisqu’il faut aider l’assistance. Depuis, ils ne cessent de courir après le temps... La portion de kayak sur le canal de Bourgogne sera un vrai calvaire pour l’équipe aquitaine. « Nous avons des kayaks de mer qui pèsent 50 kg chacun ! raconte Karine. A chaque écluse, c’était un chemin de croix. » Épuisée de fatigue, elle a failli s’endormir hier sur son VTT. Pascal Mouchague, lui, a eu des hallucinations. Il voyait une fille assise sur le porte-bagages - qui n’existe pas - de son équipier devant lui ! Ce n’est qu’à 3h30 qu’ils terminent vendredi matin la section de VTT. Ils s’entassent alors dans leur camionnette pour rejoindre le départ de l’étape 4 à Langogne (Lozère) mais se perdent en route et parcourent plus de 300 km (au lieu de 200) en s’arrêtant toutes les 50 bornes pour remettre de l’eau dans le radiateur qui fuit ! Résultat : ils arrivent juste à temps pour prendre le départ à 9h20 sans, une nouvelle fois, se reposer. « Mais ça vaut le coup de tenir. Si on passe le cap d’aujourd’hui, on devrait réussir à rester en extrême, précise Karine. On aimerait bien pouvoir exprimer notre potentiel, mais jusque-là, on est toujours limite en timing... »
À l’inverse, l’équipe 01-EMSA RAID’ÉPERNON ne court pas après le chrono. Bien au contraire ! « On prend notre temps et on prend du plaisir, même si parfois c’est dur, assure Frédéric Clares. Notre unique objectif est d’arriver classés à Marseille. Nous n’avons jamais abandonné un raid. » Ils n’ont jamais disputé non plus de raid de plus de deux jours et abordent le Raid CanéO Nature comme on gère un marathon. Sans partir trop vite... C’est donc dans la troisième catégorie, celle « aventure », qu’ils ont décidé de se bagarrer dès le premier jour. Et tout se passe au mieux pour cette équipe qui a constamment le sourire. L’intégration de leur équipière féminine Yoanna Gervais, qu’ils n’ont connu que le temps d’un week-end d’entraînement dans le Jura, s’est parfaitement opérée. Avec un seul raid d’une journée dans les pattes, elle se lance dans le grand bain avec confiance et envie. Quant à leur assistant Bruno, tout seul depuis le départ, ils le considèrent tous comme le cinquième équipier à part entière. À l’odeur du colombo de dinde et haricots verts qu’il leur prépare avant la course d’orientation sur le Mont Lozère, on comprend mieux la parfaite harmonie qui règne dans cette équipe.
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