TSF Millet, une 7ème édition à l'arrachée
Cette année, la lutte a été âpre à la TSF Millet, côté face comme côté pile de la course. Côté organisateurs, il a fallu s’adapter aux conditions nivo-météorologiques exigentes: une chute de neige de plus de cinquante centimètres dans la nuit de vendredi soir, veille du départ de la première étape, a été accompagnée d’un temps peu clément le samedi avec brouillard et flocons. En dépit de ces contraintes, les bénévoles ont réussi à tracer un itinéraire très intéressant, même si le parcours initial n’a pu être maintenu : «Pour un parcours de repli, c’était plus que bien» estime Grégory Gachet de l’équipe de France. Côté coureurs, il fallait compter sur son collègue de team, Toni Sbalbi, champion du monde de montée sèche, venu avec Alain Seletto, de Cervinia. Les équipes Excellence du CAF, l’élite du ski-alpinisme version CAF (Fédération française des clubs alpins et de montagne), ont tenté de lutter. En vain.
Toni et son co-équipier transalpin l’ont emporté : « J’étais bien forcé, je suis payé pour ça » plaisante Sbalbi, à l’arrivée, « j’ai une obligation de résultats ! Non, il faut dire que ça a été un plaisir de courir ici : malgré les conditions, les bénévoles nous ont offert un parcours saignant, dur techniquement, bref de quoi exploiter tous nos talents et mettre en valeur ces beaux terrains de jeux que sont les Aravis ! »
Le samedi, le parcours proposait deux montées de mise en jambe très technique sur le plan de l’activité de pieds : « Il fallait bien faire attention où l’on mettait les peaux, dixit un membre du CAF Albertville. Et dans la descente, il fallait tourner vite, le terrain était accidenté, bref, ça commençait fort et ça permettait de bien faire le trou en mettant en avant les compétences techniques des coureurs, pas seulement leur endurance. » La troisième montée, sous Rosairy, était celle qui faisait toute la différence, avant le joli passage à pied, très raide.
Le dimanche, après un départ donné à Manigod, a mené les athlètes dans les somptueux alpages de Sulens, où le soleil et la poudreuse ont beaucoup contribué au charme de la journée. Après cette première longue montée, une partie cramponnage a permis d’effectuer l’une des nombreuses manipulations de l’étape, de celles qui creusent les écarts de temps entre les plus experts et les moins entraînés. Une descente à ski en couloir, avec une pente assez soutenue, suivait ce passage d’alpinisme et s’enchaînait sur un passage assez plat, où il était important de bien faire glisser les peaux, en évitant de se rassasier de la vue magnifique sur le Charvin. « Ce n’était pas un très beau parcours de repli, c’était un très beau parcours, tout court » d’après plusieurs concurrents.
« Ce tracé, varié et avec beaucoup de manipulations, avec des parties techniques avec de nombreuses conversions de montée, était vraiment très intéressant » confirme Grégory Gachet, qui fait partie des meilleurs sur le plan international.
« Et j’ai beaucoup apprécié l’ambiance qui nous attendait au sommet de Sulens, avec tous ces spectateurs qui nous encourageaient avec leurs cloches de vaches, et puis l’arrivée en plein coeur du village de Manigod, cela change beaucoup des autres courses et cela rend la journée bien particulière. » Même son de cloche, si on peut dire, du côté des jeunes puisqu’eux aussi étaient invités à la fête. Ivon Gachet et Cyril Blanc-Gonnet étaient aux anges à l’arrivée : « Nos longes d’escalade ont bien servi, pour la sécurité ! Nous adorons ce genre de courses où le mot « alpinisme » prend tout son sens. Les passages en crampons permettent de casser le rythme et rendent la course rapide et nerveuse. Quant à nous, nous apprenons tous les jours : hier, nous avons installé l’élastique pour nous aider l’un l’autre, mais nous avons négligé de l’ôter lors d’une petite descente, résultat : nous nous sommes skiés dessus et avons perdu nos peaux de phoque ! Aujourd’hui, nous avons investi un peu de temps pour l’enlever dans les petites descentes et les choses se sont bien mieux passées. L’esprit de cordée, c’est très bien, mais il ne faut pas en abuser ! »
Cet esprit de cordée, justement, c’est bien ce qui a fait, encore une fois, la grande réussite de la TSF Millet. Côté coureurs, puisque, quelle que soit la façon dont la course s’est déroulée, ces deux journées resteront un souvenir exceptionnel pour les 170 équipes de deux co-équipiers. Côté bénévoles aussi, puisque comme le disent si bien les deux Monique, Christiane et Simone du CAF Faverges, en attendant les concurrents pour le ravitaillement : « Nous venons parce que nous aimons l’ambiance fantastique de solidarité et de convivialité qui règne sur la TSF Millet ! Nous aimons tout l’ensemble ! Nous aimons les gens ! » Nulle doute que cet amour est partagé puisque, cette année encore, le quota maxi d’inscriptions était rempli peu de temps après l’ouverture des inscription.
L’an prochain, il en sera probablement de même…
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