Groupe Excellence Escalade - Turquie 08
Le groupe excellence escalade FFCAM est parti direction la Turquie pour y découvrir de nombreux sites et tenter de réaliser des premières de projets équipés et non réalisés à ce jour.
"Depuis 2002, des grimpeurs Turques développent de nombreux secteurs d'escalade proches d'Antalya, dans la région de Geyikbayiri. Cette destination restée longtemps confidentielle est aujourd'hui réputée dans le milieu de l'escalade. Plus de 400 voies de tout niveaux sont maintenant équipées. Au cours de l'année 2007, de nombreux projets ont vu le jour. D'une difficulté proche de 8C, ces lignes ne sont pas libérées. C'est entre autre le but de notre séjour en Turquie", explique Didier Angonin.
L'équipe de falaisistes en Turquie ce sont :
Gérôme POUVREAU 25 ans : CAF La Rochelle - Bloc :8b - Voie :8C+
Fabien DUGIT 24 ans : CAF Albertville - Bloc :8a+ - Voie :8C
Charlotte DURIF 18 ans : CAF Chalon sur Saône - Bloc : 7C - Voie : 8C
Mathilde COUCHOT 21 ans : CAF de l'Aube - Bloc : 7B+ - Voie : 8A
Caroline JANUEL 21 ans : CAF d'Annemasse - Bloc : 7B+ - Voie : 8A
Pierre SOULE 30 ans : CAF Causses et Cévenne - Bloc : 7c+ - Voie : 8C
Encadrement : Didier Angonin
Ils sont partis du 14 au 23 février 2008
Tout Pour le Huit : 6 grimpeurs, 6 jours, 30 voies en 8
Après des échos sur un site d'escalade en Turquie vers Antalya par quelques grimpeurs français, des renseignements pris auprès de locaux pour être sûr de pouvoir fournir suffisamment de voies dures (au moins 8a) à cette équipe qui ne grimpe quasiment que dans le huit. Et la décision est prise de se rendre là bas avec le groupe excellence.... Nous ne serons pas déçus.
Récit d'un partage de vie et de grimpe, par Didier Angonin
Jour 1
Rendez-vous à l'Aéroport de Genève pour un vol jusqu'à Antalya via Istanbül. Huit heures plus tard, nous sommes sur place, au pied des falaises au JO SI TO Ghesthouse camp. Petite surprise à notre arrivée, il fait très froid. Mais bon, rien de grave nous prenons cette donnée « à la cool », au moins, ça va coller
Jour 2
Dans toutes les situations particulières, il y a toujours 2 catégories de personnes : les chanceux, et les autres. Autrement dit, ceux qui ont dormi dans un Bungalow avec chauffage, et les autres qui ont certes, dormi dans un bungalow, mais sans quitter le bonnet et la doudoune de toute la nuit. Rendez-vous à 8h au ptit dèj, le vent a cessé de souffler, il fait grand beau. Dans l'avion, nous avions repéré les secteurs intéressants sur le topo et établi un programme. Aujourd'hui, nous irons au secteur « Sarkit ». Durant la marche d'approche, nous repérons facilement les voies qui nous intéressent : les lignes de 30m sur du rocher orange à « colo » se voient de loin.
Arrivés au pied, c'est la grande classe, rien à dire, le site donne envie de grimper. Justement, nous sommes là pour manger du cailloux.
Avant de partir, nous avions comme objectif de réaliser des projets (voies équipées et non réalisées). Mais une fois sur place, nous nous rendons compte rapidement , qu'il y a déjà pas mal de voies à faire avant. La première est « Drop City », un 8c de 30m très teigneux dans la partie finale. Cette voie n'a connu qu'une seule réalisation. Après 2 essais, Gérôme s'octroie la première répétition, belle perf. Fabien, Charlotte et Pierrot, se contenteront d'un repérage, la croix sera pour plus tard.
Jour 3
Nous retournons à « Sarkit », il fait grand beau, la journée s'annonce bonne.
A peine après une heures de grimpe, les premières voies dans le huit tombent. Le leitmotiv de ce trip peut se résumer ainsi « tout pour le Huit », ... et si possible rapidement. Le ton est donné par Gérôme qui réalise « Luc Skywalker 8b » à vue, suivie d'une réalisation flash de cette même voie par Fab et Pierrot. Un autre 8b « Olympos Games » sera fait, à vue par Fab, flash par Gérôme et au premier essai par Charlotte, belle suite.
Jour 4 - dimanche
C'est bien connu, le dimanche, c'est jour de repos, et repas chez mémé. Nous ne dérogeons pas à cette règle. Après un repérage des autres secteurs qui occupe la matinée, nous allons mangé dans... non pas dans un restaurant... en fait nous ne savons pas trop. Ce qui est certain, c'est qu'ils sont Turcs et très accueillants. Au menu, côtelette de mouton et salade. La table garnie d'une toile cirée à fleurs ornée d'un bouquet de jonquille, se trouve juste à côté du poil à bois. Comme fond sonore, un téléfilm que l'on pourrait comparer aux Feux de l'amour, ou quelque chose du même acabit. Le propriétaire, un gaillard moustachu toujours souriant, nous montre des photos de famille. Il est environ 15h, nous sommes prêts à nous endormir sur le canapé, comme chez mémé. Cette journée de repos était sympa, couleur locale.
Jour 5
Encore une nuit à « se peller » pour 4 d'entre nous, toujours les mêmes. Après négociation avec le propriétaire du camp, ceux-là auront aussi droit à un chalet très confortable avec chauffage, salle de bain et un grand miroir... pour les filles.
Au lever, c'est le choc, il neige. Dans cette situation, il y a toujours 2 solutions, rester couchés ou se motiver. Cette dernière option est choisie. Direction « Alabalik », un petit secteur sauvage dont nous a parlé Atila, un jeune grimpeur Turc qui nous suit tous les jours pour nous filmer. Il fait vraiment froid, mais il en faut plus pour nous décourager. Un bon feu fera l'affaire pour nous réchauffer entre les essais. Bilan de cette « journée du bonnet », plusieurs 8a et 8a+ à vue ou flash et un repérage dans un des 2 projets qui se trouvent ici.
Jour 6
Le beau temps est de retour, nous choisissons donc un secteur au soleil, la partie droite de Sarkit. Ici encore, les lignes sont superbes. La qualité du rocher est exceptionnelle. C'est une journée de à vue. Fabien est aujourd'hui en grande forme dans ce style, il réalise à la suite, deux 8a+ et un 8a. Les autres le suivent en réalisant ces voies flash ou au premier essai. Caro et Mathilde profite des belles colos dans « l'Ange de l'oubli 7c » En fin de journée, Pierrot se dirige vers Drop City 8c pour une ultime tentative. Après des cris de rage, il réalise la seconde répétition de cette voie avec des méthodes totalement différentes de celles de Gérôme, en passant bien à droite des points. Par souci d'honnêteté, Pierrot estime qu'il n'a pas fait « la même voie » que Gérôme qui lui a fait « un vrai 8c » et Pierrot plutôt un 8b+. C'est un souci du détail auquel nous sommes attachés, il faut être juste avec les cotations.
Jour 7
Durant notre jour de repos nous avions repéré le secteur de « Trebenna » qui se trouve en face nord juste à côté du camp. C'est là bas que nous irons aujourd'hui. L'atmosphère qui règne ici est assez particulière. Par leur hauteur et les volumes qui les composent, les lignes sont impressionnantes. Une voie en particulier attire notre attention, c'est « Aquaduct », un 8c qui a été réalisé à 2 reprises cet automne. D'après les locaux, il aura fallu de nombreux essais aux répétiteurs dont Nicolas Favresse (un très fort grimpeur Belge habitué du 8c) pour en venir à bout.
Après une montée de repérage, Gérôme reste prudent quand à la possibilité de la faire rapidement... c'est dur. Mais attention, quand Gé a une idée en tête il est capable de beaucoup de choses, comme de tout donner pour réaliser cette voie au deuxième essai à la tombée de la nuit, la classe. Pendant ce temps de nombreuses autres voies sont réalisées dont « Trebenna », côtée 8b / b+. C'est une belle journée comme on les aime avec des cris de joie en clippant le relais à la tombée de la nuit.
Jour 8
Petit dèj à 9h. Comme d'hab, omelette, müsli et café Turc. Rien à voir avec un expresso italien, le café turc est, comment dire... particulier. Pour comprendre, prenez du mar de café, mélangez à de l'eau chaude et vous dégustez. Cette boisson ne vous réveille pas, mais elle vous tord le ventre. La fatigue commence à se faire sentir, le « vita citral » ne fait plus effet, pourtant la motivation est toujours là. Charlotte n'est pas trop bavarde ce matin. En fait, elle n'a qu'une idée en tête, la première féminine de Drop City 8c. Elle doit faire vite avant qu'il ne fasse trop chaud. La plupart des prises dans les 10 derniers mètres de cette voie, sont des arquées vraiment, mais vraiment pas bonnes. S'il fait trop chaud, c'est horrible. Après 30 mn de concentration, de réflexion, de précision et d'abnégation, c'est le soulagement, la voie est faite avec quasiment les mêmes méthodes que Pierrot. Dans ces conditions, la cotation est peut être plus proche de 8b+ que de 8c, mais peu importe, c'est une très belle perf pour Charlotte. Le principal est de tout donner pour réaliser une belle ligne.
Pendant ce temps, le reste de l'équipe poursuit « sa croisade » du huit.
Jour 9
Quasiment impossible de serrer les prises, nous n'avons plus beaucoup de peau sur les doigts, une journée cool pour tout le monde ou presque s'annonce. Quelques 8a et 8a+ sont réalisés. Après un combat mémorable, Mathilde vient à bout de « Süpernova 7c+ ». Après deux 8b à vue et 2 8c, Gérôme aimerait bien terminer son séjour en beauté par une première. En fin de journée, tout le monde l'accompagne pour l'encourager lors de ses essais dans un projet du secteur « Alabalik ». D'après lui, la difficulté de cette voie est de 8c / 8c+. Lors de la dernière tentative (toujours à la tombée de la nuit), il échoue à la fin de la section la plus dure : rageant, mais ainsi va la grimpe. Cela aurait été la cerise sur le gâteau, mais nous n'allons pas nous lamenter, le bilan des réalisations est excellent, 30 réalisations entre 8a et 8c par 6 grimpeurs en 6 jours.
Retour au camp pour notre dernière soirée. Une soirée ou plutôt une nuit mémorable. Le propriétaire du camp est tellement content de notre venue, qu'il semble ne pas vouloir nous voir repartir. A la fin du repas, il nous offre des Tee-shirts, des vidéos d'escalade et... à boire. Notre départ le lendemain matin est prévu à 5h, maintenant, nous le savons, nous n'allons pas nous coucher, c'est la fête toute la nuit avec les locaux. Nous terminons en beauté ce trip Turc « Tout pour le huit », avec beaucoup d'émotion et un carnet de croix bien rempli.
Jour 10
THE END. Dans 2 jours c'est au choix : reprise des cours, du travail, déferlante de touristes sur les montagnes. C'est donc forcément un peu triste, mais nous n'allons pas nous plaindre, que nous repartons. A l'unanimité, merci la FFCAM.
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